Ce matin j'ai dû me lever tôt afin d'étudier pour mon dernier examen de la session. Mon appartement était encore endormi, frais, paisible et obsur mais si gai à la fois de par son enthousiasme à commencer une nouvelle journée. Même mon chaton, qui a l'habitude de bondir hors de son lit douillet formé par une pile de draps pêle-mêle sur le divan pour faire vibrer ses petites cordes vocales afin d'avoir un peu d'affection dès que nous sortons le pied hors du lit, m'a jeté un petit coup d'oeil interrogatif en voulant dire «Mais qu'est ce que tu fous debout à cette heure-là?»
Prenant mon courrage à deux mains, je me suis avancé jusqu'à mes grands rideaux en leur signifiant que c'en était assez de leur égoïsme et que moi aussi j'avais droit à un peu de soleil.
En effleurant les tissus devenus jaloux avant même de les prendre entre mes doigts, un rayon de soleil m'a atteine en plein visage d'un coup sec. Une vraie balle de fusil dorée m'a transpercé l'iris si violamment que mes facultés se sont rapidement désemparées entres elles. Je suis alors restée immobile un instant me demandant ce que cet insignifiant rayon pouvait bien me vouloir. Ne voyait-il pas que je venais de me tirer de mon sommeil et que j'avais plutôt besoin de douceur et de réconfort pour aborder ma journée difficile qui apparaissaît à l'horizon? Non, mais, quelle arrogance!
En disant ces dernières lignes à voix haute pour être bien sûr qu'il m'entende, j'ouvrai à nouveau les rideaux maintenant résignés et puis, semblant m'avoir entendue, la planète de feu m'a fait l'un des plus beaux sourires que la Terre ait pu porter. J'étais figée, je ne pouvais plus bouger. Mes pupilles noires et profondes avaient alors succombées pour un orangé scintillant. J'aurais pu rester immobile, calme et sereine à l'observer et à tenter de la rejoindre dans son éternelle solitude jusqu'à en devenir totalement aveugle. Je me serais alors suffisamment rempli le coeur de carburant pour le reste de mes jours.
La vue nous est tellement acquise que nous cessons de nous émerveiller devant la beauté de son existence.
Alors, qu'importe de voir si nous ne voyons pas?
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27 mai 2006 à 6:19
Andy