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Un jour une femme m’as dit
Que si l’angoisse de ne te savoir ici
Que si la peur en moi grandit
Que tes mains dans les miennes fuient
Qu’il fallais dès lors les laisser glisser
Lentement laisser aller
On ne retiens pas les gens d’aller
De partir là où de rester
La vie navigueras de son plein gré
Ce n’est pas moi qui va l’en empêcher
Tu es passé sur mon chemin et je t’ai remarqué
À toi de savoir si tu veux embarquer
Mais sache que tu détiens
Dans mon souffle un peu du tien
Que l’odeur des jours me fais du bien
Car tes rires parfument mon quotidien.
Le poème précédent a été inspisé de celui ci, écrit par mon copain il y a des lustres. Je crois qu’il va probablement m’assassiner d’avoir mis ça ici, mais ce poème a une valeur significative pour moi que je voulais vous faire partager.
Rappelle-toi
J’voudrais t’voir danser sur mon voilier
Derrière toi les étoiles seraient
La lune brillerait sur ton visage
Et moi couché sur la plage
Mais aujourd’hui encore t’es pas venue
Derrière moi les étoiles étaient
Demain peut-être y seras-tu
Moi je n’oublierai jamais
J’voudrais t’voir danser sur mon voilier
Derrière toi les étoiles seraient
La lune brillerait sur ton visage
Et moi couché sur la plage
Hélas mon bel amour, il est tard
Je me fais vieux dedans mon coeur
J’ai perdu mon voilier, il a coulé
Tu sais c’pas facile d’m'en séparer
Les années on passés sans toi
J’ai passé ma vie à ramer
Tu sais s’pa facile à accepter
Bientôt j’vais aller rejoindre mon voilier
O.B.
Je ne pourrais pas décrire mieux comment je me sentais pendant ce show que l’a fait Mariane. D’ordinaire, je n’aime pas ce genre de musique qui varge et qui geule. Ce qui se passe avec ce groupe, c’est que c’est ordonné comme vargage, c’est qu’il y a toujours de superbes mélodies, c’est qu’ils chantent pour vrai et n’essaient pas de prouver quoi que ce soit. Et les changements de rythmes incessants qui nous laissent sur notre soif. Et puis la voix du chanteur est trippante, et les paroles.. Ouf, les paroles! Bref, tous ces éléments font d’eux un groupe puissant. Et c’est cette puissance qui me fait tripper; qui me fait caler dans mon fauteuil à chaque toune.
J’y suis allé gratuitement à ce show, parce que de payer 60$ pour des groupes que je ne connaissait pas et pour voir SOAD jouer une heure et principalement des nouvelles tounes (que je ne connaissait pas parce que.. parce qu’allez donc voir le site de Mary et vous allez comprendre
), me laissait un peu indifférente.
En fait, non, je n’y suis pas allée gratuitement. J’avais un énorme prix à payer pour y aller. Je devais payer payer par mon endurance physique et psychologique. Andy, Mariane et Moi avons été engagées pour une soirée par Écho-Logique qui s’occupe du recyclage et parfois des ordures après les shows en plein-air. Nous avont donc débutés à 21hrs du soir pour terminer à 7heures du mat le lendemain.
Nous étions trempés à lavette dès la première note du Show, la boue pénétrait dans mes pauvres basquettes qui maintenant sentent la merde à deux pieds de circonférence. Mon corps mené par l’adrénaline me criait d’arrêter à chaque heure où j’allais tomber d’hypothermie. J’allais me laver les pieds dans le lavabo des toilettes (et putain que je l’aimais le séchoir à mains!) et puis go, on continue.
On aurait dit une scène de bataille. Le site dans une noirceur et un silence complet et des milliers de verres de bières, de bouteilles de plastique, de souliers (et pleins d’objets inusités comme un oreiller, du gel à raser, du maquillage, du déo, etc..) gisaient partout, sans vie. Et puis nous, dans le silence et la consternation, étions penchés sur eux, pareils à de vaux riens qui vieinnent voler les quelques pièces d’or dans les poches des soldats après les batailles. C’était une émotion à la fois dure et empreinte de force et de mélancolie qui m’habitais. Je me sentais détruite par ce trop de négligence des spectateurs qui nous faisait passer la nuit à nous tremper dans la boue et dans les ordures, détruite par ce que je devenais l’avocate de ce bout de terre, celle qui en prenais soin, celle qui en souffrait de la voir si amochée. Celle qui était la seule à savoir combien elle avait mal et qui se demandait comment les humains pouvaient êtres aussi insouciants et égocentriques par moments. Je souffrait de son silence et de son innocence, à cette terre, notre Terre.
Oui, comme l’a dit Mary, c’était une sensibilisation immédiate, et comme on l’avait discuté entre nous, ce serait une excellente corvée pour les travaux communautaires. Parce que nous, qui sommes déjà sensibilisées au sujet, sommes les mêmes qui se font encore plus sensibiliser en travaillant dans le domaine. Tandis que ceux qui s’en foutent et qui sont les mêmes qui jettent leurs verres à bierre en plein milieu d’un parc (PARC Jean-Drapeau, bâtar) ce serait eux qui deveraient plutôt se faire lancer la réalité en pleine face comme on nous l’a fait ce soir là.
Je suis heureuse et fière d’avoir aidé au nettoyage de ce parc, et je sens que quelque part, j’ai fait ce que j’avais à faire, et que oui, on peut changer les choses.
J'suis fatiguée. Épuisée. Et ça va faire bientôt un an que ça dure. Bref, ma mononucléose de l'an dernier n'a pas l'air d'être complètement partie…
Dans le fond, ma blessure au pied, ça m'a quasiment sauvé la session d'études parce que je crois que de toute façon je n'aurais pas été capable de la finir avec autant de cours de danse. Je me serais effondrée en même temps que mes résultats scolaires.
Les gens disent «C'est chien!» parce que oui, ça me retarde d'un an, mais en même temps ca me permet de prendre ça à mon rythme car dieu sais si les études ça ne matche pas avec moi.
Si la physionomie vous intéresse un peu, j'vais vous expliquer en détails ce que j'ai aux pieds.
Les os sésamoïdes sont deux petis os complètement inutiles situés en dessous de l'insertion du gros orteil au pied. Ces os poussent durant l'adolescence et peuvent nous poser des problèmes si l'on est une personne sportive qu'ils reçoivent continuellement des coups (retomber sur ses pieds avec beaucoup de pression).
J'ai pratiqué la gymnastique pendant dix ans et il s'est donc avéré que j'ai maltraité ces petis os pendant leur croîssance et qu'ils se sont rebellés. Malheur à moi! Ils doivent bien se marrer maintenant, n'est-ce pas, comfortablement appuyés contre leur orthèse moelleuse pendant que j'me fais chier pendant un an de plus à l'école ?
Morale de cette histoire: soyez gentils avec vos os sésamoïdes.
Ce matin j'ai dû me lever tôt afin d'étudier pour mon dernier examen de la session. Mon appartement était encore endormi, frais, paisible et obsur mais si gai à la fois de par son enthousiasme à commencer une nouvelle journée. Même mon chaton, qui a l'habitude de bondir hors de son lit douillet formé par une pile de draps pêle-mêle sur le divan pour faire vibrer ses petites cordes vocales afin d'avoir un peu d'affection dès que nous sortons le pied hors du lit, m'a jeté un petit coup d'oeil interrogatif en voulant dire «Mais qu'est ce que tu fous debout à cette heure-là?»
Prenant mon courrage à deux mains, je me suis avancé jusqu'à mes grands rideaux en leur signifiant que c'en était assez de leur égoïsme et que moi aussi j'avais droit à un peu de soleil.
En effleurant les tissus devenus jaloux avant même de les prendre entre mes doigts, un rayon de soleil m'a atteine en plein visage d'un coup sec. Une vraie balle de fusil dorée m'a transpercé l'iris si violamment que mes facultés se sont rapidement désemparées entres elles. Je suis alors restée immobile un instant me demandant ce que cet insignifiant rayon pouvait bien me vouloir. Ne voyait-il pas que je venais de me tirer de mon sommeil et que j'avais plutôt besoin de douceur et de réconfort pour aborder ma journée difficile qui apparaissaît à l'horizon? Non, mais, quelle arrogance!
En disant ces dernières lignes à voix haute pour être bien sûr qu'il m'entende, j'ouvrai à nouveau les rideaux maintenant résignés et puis, semblant m'avoir entendue, la planète de feu m'a fait l'un des plus beaux sourires que la Terre ait pu porter. J'étais figée, je ne pouvais plus bouger. Mes pupilles noires et profondes avaient alors succombées pour un orangé scintillant. J'aurais pu rester immobile, calme et sereine à l'observer et à tenter de la rejoindre dans son éternelle solitude jusqu'à en devenir totalement aveugle. Je me serais alors suffisamment rempli le coeur de carburant pour le reste de mes jours.
La vue nous est tellement acquise que nous cessons de nous émerveiller devant la beauté de son existence.
Alors, qu'importe de voir si nous ne voyons pas?
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Ce qui me plaît ici, c'est que je ne suis pas toujours obligée d'écrire des maudits titres à tout, et surtout à mes délires poétiques. J'ai pas toujours envie de catégoriser mes pensées ou de leur donner une ligne directrice. Quand on donne un titre, ca mets parfois le lecteur sur une piste qui n'est pas nécessairement la bonne.
Je trouve ça tellement ennuyeux losque l'on sait d'avance ce qu'on va lire… Ça mets l'imaginaire à off ! En ne faisant pas de titres, le cerveau du lecteur est totalement ouvert, il ne s'est pas préalablement mis des oeillères et il peut ainsi prendre le chemin qu'il veut à travers mes mots.
C'est comme si je donnais une lampe de poche au lecteur et que je lui disais: «Tiens, và où tu veux! Explore! Cherche dans les trous des «o» et des «d», puis, si ça te dit, va glisser sur les «j» pour enfin aller te reposer sur un «c» la nuit tombée… Cherche ce qui est pour toi les plus belles choses du monde…!»
Les yeux grands ouverts, je contemple le malaise de chacun. J'absorbe une infime quantité de chaque être jusqu'à l'étouffement.
Jusqu'à la régurgitation.
Je suis une boulimique d'émotions.

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