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Les mains mises sur mon visage comme pour ne plus rien ressentir
La froideur de ta peau me fais rougir
Mes mains moites glissent de sur tes lèvres
Doucement la tension entre nous s’enlève

Jusqu’où pourrons nous tenir?
Le vertige se fais sentir
L’étourdissement dans ma tête s’enivre
Un peu comme pour me faire revivre

Les jours d’été se succèdent
Comme les soirs passés sans toi
Et à chaque fois que je ressens le vent tiède
C’est ton souffle que je n’ai pas sur moi

Tu caches malicieusement tes soupires
Au plus haut sommet de ma nuque
Et qu’en est-il de tous ces rires
Lorsque le jour se fais sentir?

Je repense encore à notre respiration
Comme pour rester à l’unisson
De ce qui nous sépare
Et qui me fais redouter ton départ

Les jours d’été se succèdent
Comme les soirs passés sans toi
Et à chaque fois que je ressens le vent tiède
C’est ton souffle que je n’ai pas sur moi

Je sais que tu ne m’appartiens comme
un aigle n’appartiens pas à la capivité
Et que peu importe comment sont les hommes
Je me suis demandée de ne pas t’aimer

Il me reste une partie de ce coeur de femme
Qui continue d’attendre et d’espérer
Et qui se demande matin et soir
Comment elle arrive à pouvoir encore aimer

Les jours d’été se succèdent
Comme les soirs passés sans toi
Et à chaque fois que je ressens le vent tiède
C’est ton souffle que je n’ai pas sur moi.

My god! J'viens de tomber sur un texte que j'avais écrit à 16 ans (et arrêté de gossé dessus à 17)… Oui vous allez le voir, j'avais une vision assez utopique de l'artiste…!

Hymne aux artistes

Notre société nous pousse à avoir une belle maison, à conduire le char de l’année, à porter des beaux vêtements, à avoir un chum qui parais bien et qui a un emploi stable, payant; à posséder un gros chien et un chalet… Nous vivons dans une société qui nous pousse vers un mode de vie que nous suivons à la lettre sans se poser la moindre question, en nous faisant croire que c’est comme ça qu’on devient heureux..

On nous attaque de publicité, "Dépêchez-vous", "Faites vite! " "Hâtez-vous!!" nous incitant à dépenser sans réfléchir. Les dirigeants veulent passer par toutes les voies possibles de notre inconscient (et le pire, c’est qu’ils réussissent!) ; et ce, grâce à des conseils réunissant toutes les grosses bedaines de pouvoir, tous les magouilleurs de profession et tous les laveurs de cerveaux accomplis.
Leur devise? "Consommez, et donnez encore plus d’argent aux riches! "

Depuis la maternelle on nous apprends à performer; performer en mathématiques, performer en physique… Ce que t'as en toi c'est pas important, contente toi d’être faux et de suive les autres.
On nous prends jeunes, on nous conditionne et on nous apprends très rapidement à piler sur les autres.
"Tais-toi, et fais ce qu'on te demande."

On efface les émotions et on devient des robots; nos gestes sont dictés d'avance. Même si tu étais l’artiste le plus accompli qui soit, tu seras mis à l'écart et le lèche-botte en maths aura toute l'attention. "Ah, qu'il a de l'avenir! ", "Une belle réussite! ", se félicitent alors les hauts placés.

On a toujours enseigné à la population à s’amuser avec l’art et à n’y accorder aucun intérêt.
Par la suite, les gens croient avec fermeté que l'art n'est que du divertissement.
Oui, je l’avoue, c’est une assez bonne stratégie de la part des dirigeants; car, disons-le, ceux qui détiennent le pouvoir ont très peur des artistes. Ils savent très bien que les artistes ne se laissent pas manipuler et qu’ils sont les seuls capables de les dénoncer.

Voyant tout ce qu'ils nous font gober pendant que nous sommes confortablement assis (hypnotisés) dans notre fauteuil importé d'Italie, les artistes créent de l'art en espérant que nous comprenions enfin, et que nous nous réveillions…

Les artistes sont devenus écartés des gens, détachés de la société, et par le fait même très méconnus (en allant même jusqu’à être victimes de préjugés). Et ils y en sont venus après une réflexion intense et approfondie, après un débat psychique, un tourment quotidien. Après s’être éparpillés et scrutés à maintes reprises, ils ont finalement décidés de se désenchaîner de cette immense mascarade, de ce poids invisible mais combien pesant. Et, qu’est-ce qui motive leurs geste?
Voici ce qu’une amie comédienne m’as dit un jour :

« Pour ma part, je suis tombé amoureuse de la vie, tout simplement.
Je suis émerveillée par sa beauté immense, et je tente d’y toucher ne serais-ce qu’un peu, pour vous la faire goûter, vous la faire ressentir, frémir, même vous la lancer en plein visage s’il le faut pour que vous vous nourrissiez de l’amour lui même qui m’habite.[…]
Évidemment, tout les artistes ont leurs propre conception de l’art; nous ne réussirons jamais à nous entendre à dessus…et je trouve ça merveilleux! Ça fait de l’art quelque chose d’inatteignable, d’indéfinissable, comme chacun d’entre nous.
»

Après mûre réflexion, je me dis alors que tous les artistes sont des génies humains sans prétentions qui ont eu un caractère assez fort pour ne pas suivre la fausse route; qui est la société (et qui traitent les travailleurs en pantins, entres autres)…
Les artistes sont les seuls à rappeler au monde la beauté des choses, la vraie essence des humains. Ils sont les seuls à lutter jour après jour pour donner un moment de paix intérieure et d'émotion pure aux gens. Ils reviennent aux sources et nous donnent la vérité pure et simple avec générosité, sans attendre de retour.

Cette même amie comédienne m’as dit :
« On se fait, on se construit par l'art. On se découvre et on grandit.
L’art nous permets une réflexion sur nous-mêmes et sur ce qui nous entoure,
et ça nous sert tout au long de notre vie.
»

Joanie Leblanc-Proulx, 2005